Le jeudi 15 mai 2025 s'est déroulée l'inauguration d'un musée tout entier consacré à la gent canine. L'événement s'est tenu à Aubervilliers (93), dans l'immeuble qui abrite les locaux de la Société Centrale Canine, et dans un espace que nos lecteurs connaissent déjà puisqu'il s'agit de la Médiathèque.
Une soixantaine de personnes, issues des différents clubs spécialisés de race, avaient répondu à l'invitation. Des journalistes venus de la presse écrite et audiovisuelle couvraient l'événement.
Fleur-Marie Desfougères, directrice des relations institutionnelles et internationales, des services santé, ADN, formation et communication de la Centrale Canine, et Dorothée Fabre, directrice de la Médiathèque, s'étaient réparti les rôles pour proposer chacune une visite guidée des collections aux personnes présentes.
Fig. 1. De part et d'autre d'Alexandre Balzer, Fleur-Marie Desfougères (à gauche sur la photo) et Dorothée Fabre (à droite).
Dans son discours de bienvenue, Alexandre Balzer, Président de la SCC, a rappelé que, depuis plusieurs années, la Centrale mène une politique d'achat visant à constituer un fonds patrimonial d'objets en relation avec le monde canin.
Parallèlement, ses collections se sont enrichies grâce à des dotations effectuées par des cynophiles avertis, tels que le Dr vét. Michel Contart et l'historienne de la musique Marcelle Benoît.
La concentration sur un espace de plus de 500 m² de peintures, de sculptures, de tapisseries, de faïences, d'objets publicitaires ou utilitaires fait de cet endroit le deuxième plus grand musée du chien au monde après celui de New York.
Fig. 2. Alexandre Balzer souhaite la bienvenue à ses invités.
La grande salle où la SCC tient ses réunions présente au mur une impressionnante série de tableaux, dont certains ont été exécutés sur commande par le peintre espagnol Miguel Angel Moraleda, né en 1968, et dont le style relève de l'école hyperréaliste.
Ils dépeignent une soixantaine de races différentes, appartenant au patrimoine canin français, d'après des documents d'époque. On y admire, entre autres, une toile intitulée « Tondeurs et laveurs de chiens sur les quais de la Seine », qui représente une scène se déroulant un après-midi d'avril 1900 à Paris.
Dans l'angle inférieur gauche, à côté d'un petit chien-lion à l'arrière-train rasé, on voit un bouledogue français.
Fig. 3. « Tondeurs et laveurs de chiens sur les quais de la Seine », huile sur toile de Miguel Angel Moraleda.
Fig. 4. Petit chien-lion et bouledogue français (détail du tableau précédent).
Il arrive que l'art et la documentation se rejoignent et se complètent mutuellement. Ainsi, à l'entrée de la salle, le visiteur peut admirer, au format in-folio, le premier volume du registre des inscriptions au LOF, ouvert à la page 1.
Le chien concerné, qui avait été inscrit le 11 mars 1885, est un griffon Boulet, une race aujourd'hui disparue. Juste à côté, on en voit le portrait en peinture et en sculpture, réalisée par Charles Valton (1851-1918), un élève de Barye.
Fig. 5. Marco, griffon Boulet, premier chien inscrit au LOF (11 mars 1885).
Fig. 6. Marco peint par Charles Valton (1851-1918).
Fig. 7. Marco, bronze de Charles Valton.
Concernant le bouledogue français, on remarquera une peinture le représentant avec le célèbre collier en poil de blaireau.
Un superbe exemplaire est également exposé de cet objet qui fut d'abord un produit utilitaire avant de devenir un signe extérieur de richesse pour son propriétaire.
Fig. 8. Bouledogue français portant un collier en poil de blaireau.
Fig. 9. Collier en poil de blaireau.
Le musée possède encore une collection de peintures de genre, comme cet enfant faisant face à un chien, plusieurs sculptures en bronze de grande dimension, comme ce berger briard, ou encore une vitrine où sont regroupées des faïences provenant d'ateliers réputés.
Fig. 10. Enfant faisant face à un chien.
Fig. 11. Berger briard, bronze de Prosper Lecourtier (1851-1925).
Fig. 12. La collection de faïences du Musée.
Lors des commémorations du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, en novembre 2018, la SCC avait lancé la première édition du trophée des « Chiens héros ».
Le moulage, à échelle réduite, de la sculpture qui a remporté le prix se trouve désormais dans le musée, en compagnie de plusieurs des autres œuvres ayant participé à ce même concours.
Fig. 13. Bronze de Milthon, lauréat de la 1re édition du trophée des « Chiens héros ».
Ouvert jusqu'ici à des spécialistes (chercheurs vétérinaires, historiens, écrivains, journalistes), ce fonds patrimonial s'adresse désormais à un public plus large, qui peut même venir avec son animal de compagnie. Ce dernier point constitue assurément une innovation dans l'univers des musées français !
Des ateliers pour enfants seront organisés à partir de septembre. Des expositions temporaires et une boutique complèteront cette offre muséographique insolite et originale.
©Daniel Béguin